Technique

Dans cette rubrique vous trouverez des articles et conseils concernant les aspects techniques, critères de choix, etc.

Me maintenir informé

Conseils d'utilisation de votre bateau

Conseils d'utilisation de votre bateau

Pour que votre expérience avec votre bateau OCQUETEAU soit parfaite, vous trouverez ci-dessous quelques conseils d'utilisation.

Bien entendu, ces conseils ne sont ni exhaustifs, ni contractuels, mais simplement destinés à vous faire profiter de l'expérience des autres.


La mer est un milieu agressif (vent, sel, eau, soleil, sable, rochers et autres bateaux !) et nécessite d'en tenir compte en permanence, en adaptant et sa navigation et l'entretien de son bateau aux conditions rencontrées.

 

NAVIGATION :

Votre bateau est conçu dans le respect des normes européennes de manière à vous garantir un niveau de sécurité acceptable en navigation, dans les limites de la catégorie de conception pour laquelle il est certifié. Ces conditions limites de navigation sont définies en référence au vent, aux vagues, pour une charge et un nombre de personnes embarquées maximum.

Le vent maximum est exprimé en beaufort ce qui correspond à une vitesse moyenne sur 10 minutes. Les rafales peuvent être nettement plus fortes et doivent être prise en compte par le chef de bord.

La hauteur significative des vagues, là aussi, correspond à une moyenne. Sur 24 heures, les plus hautes vagues rencontrées peuvent être jusqu'à deux fois plus hautes ! Elles peuvent aussi correspondre à une houle bien ronde, spectaculaire mais ne présentant pas de danger particulier ou être déferlantes et extrêmement dangereuses. Là aussi, le chef de bord doit en tenir compte.

En d'autres termes, il est tout à fait possible de se trouver en difficulté, voire d'endommager sérieusement son bateau, dans le cadre des limites de sa conception uniquement à cause des rafales, des vagues déferlantes ou d'une mauvaise manoeuvre. Comme il est tout à fait possible de continuer à naviguer par des conditions bien plus fortes que celles de sa catégorie de conception, pour rentrer à l'abri, sans connaitre de difficulté particulière.

La charge et le nombre de personnes maxi sont deux autres critères à respecter impérativement. En particulier, la stabilité du bateau est certifiée pour la charge maximale avec tout l'équipage d'un côté du bateau. Dans cette situation, le bateau doit respecter une gite maximale et un surbau minimal par rapport à la surface de l'eau, empêchant raisonnablement que le bateau ne chavire ou ne soit envahi.

Enfin, la puissance maximale recommandée par le constructeur est destinée à permettre d'atteindre des vitesses optimales, par mer calme, en charge maximale sans endommager la structure du bateau, ni subir une instabilité excessive. Mais il est impératif que le chef de bord ajuste, en permanence, la vitesse et la puissance en fonction des conditions de mer et des passagers, pour assurer une navigation fluide et confortable. Des bateaux ont été sérieusement endommagés et même détruits par un seul choc sur une vague plus forte que les autres à cause d'une vitesse excessive. Des accidents mortels se produisent régulièrement par éjection d'un passager ou du pilote par le simple fait d'une accélération trop forte.

Toutes les informations sur la capacité du bateau sont indiquées sur la plaque constructeur et dans le manuel utilisateur.

La plupart des bateaux OCQUETEAU sont certifiés en catégorie de conception C ou B :

- Catégorie de conception C : vent maximum de 6 Beaufort et hauteur significative de vague de 2 m au maximum. Rappelons que dans le cadre de la plaisance, même si un bateau est certifié en catégorie C ou plus, il est particulièrement imprudent de prendre la mer par de telles conditions où les vagues les plus hautes pourront atteindre 4 m et les rafales de vent dépasser les 8 Beaufort. Même si le bateau peut naviguer dans de telles conditions, parfois avec facilité, la moindre avarie résultant d'un mauvais entretien, d'une mauvaise manoeuvre ou de la chute d'un objet ou d'un membre d'équipage peut mettre le navire en situation de détresse et se terminer dans des conditions dramatiques.

- Catégorie de conception B : maximum de 8 Beaufort et hauteur siginifcative de vague de 4 m au maximum. Là encore, en plaisance, ces limites étendues à des vagues ponctuelles de 8 m et à des rafales de plus de 9 Beaufort, ne servent pas à prendre la mer par ces conditions plus dures encore. Ce serait inconscient. Elles permettent de quitter un mouillage insufisamment abrité lorsque l'on s'est fait pièger par le mauvais temps, ou d'entreprendre des croisières ou de grandes traversées quand les prévisions météorologiques présentent une certaine incertitude, notamment sur des conditions orageuses ponctuelles. Mais tout chef de bord prudent cherchera toujours à éviter le mauvais temps.

Attention à ne pas confondre ces catégories de conception CE, notées de A à D, qui concernent les capacités du bateau, avec les catégories de navigation françaises, notées de 1 à 6, qui définissent la distance jusqu'à laquelle un navire peut s'éloigner d'un abri en fonction de sa conception, de l'armement embarqué et du permis du chef de bord. Par conséquent, pour la catégorie de conception de votre bateau, vous avez le choix entre une ou plusieurs catégories de navigation. Par exemple (en 2015), pour un bateau de catégorie de conception C, vous avez le choix entre les catégories de navigation 6 (2 miles d'un abri), 5 (5 miles d'un abri) ou 4 (20 miles d'un abri).

Enfin, avant de prendre la mer, remémorez-vous toujours les consignes de sécurité de la SNSM

AU PORT :

L'inertie d'un bateau est colossale. Contrairement à un véhicule terrestre, sa manoeuvrabilité est très réduite, très lente. Il convient d'effectuer ses manoeuvres uniquement au ralent et avec une vitesse inférieure au noeud ou au demi-noeud. Si le vent ou le clapot vous met en difficulté, n'hésitez pas à ammarrer votre bateau temporairement à couple d'un autre bateau ou d'un autre quai dont la situation rendrait la manoeuvre plus facile. En cas de tempête, ne pas hésiter à se dérouter pour aller mouiller dans un abri plus sûr ou un port mieux protégé et plus facilement accessible.

Enfin, l'amarage et les défenses de votre bateau doivent être impérativement adaptés à la situation et dépendent de la protection du port.

Votre bateau doit être régulièrement surveillé. Ses amarres peuvent bouger.  Même si cela n'était pas le cas avant, il peut aussi se mettre à prendre un peu d'eau, que ce soit de l'eau de mer ou de pluie. Ce n'est pas grave en soit, à condition d'être très limité, d'avoir une pompe de cale automatique et une batterie en bon état. Mais il convient de le surveiller et d'y remédier dès que cela devient significatif. Au chantier, nous considérons que la limite se situe autour d'un litre par jour, soit 30 litres par mois, pour un bateau de plaisance de moins de 10 m. C'est le seuil pour lequel, même en cas de non fonctionnement de la pompe pendant une saison entière, le bateau ne risque pas de sombrer (il peut néanmoins souffrir d'une humidité excessive). Au-delà, il faut impérativement diagnostiquer la fuite et y remédier.

 

AU MOUILLAGE ET A L'ECHOUAGE :

Attention : le mouillage et l'échouage sont des manoeuvres potentiellement dangeureuses qui doivent être réalisées avec prudence, sous la surveillance et la responsabilité entière du chef de bord. Un bon abri est indispensable et doit protéger de tous les vents et toutes les vagues.

Sans prétendre être exaustif, les principaux dangers sont :

- dérapage de l'ancre et collision avec un autre bateau ou avec un obstacle ;

- décrochage de l'ancre ou de l'amarre à un coffre avec "fuite" du bateau et risque de disparition ou collision ;

- envahissement du bateau par les vagues et la pluie, l'alourdissant au point de le déséquilibrer et finir par le faire chavirer ;

- les bateaux stationnés au mouillage souffrent bien plus des éléments que ceux amarrés dans un port bien abrité : souvent, la protection des mouillages et des échouages n'est pas suffisante et le clapot fait souffrir le bateau par des chocs répétés jour après jour, pire, appliqués à chaque fois exactement au même endroit (chocs de la ligne de mouillage sur le davier, choc sur le fond de coque à chaque échouage, etc) entrainant la certitude d'endommager le bateau à la longue ; aussi, faute de rinçage à l'eau douce, l'abrasion et l'oxydation dues au sel seront bien plus importantes.

La diversité des périls étant trop importante, aucun bateau ne peut être conçu pour toutes les situations de mouillage et d'échouage. C'est sans doute la raison pour laquelle aucune norme ne précise de critères de conception concernant le mouillage et l'échouage. En effet, l'échouage dans un port parfaitement abrité come celui du Chateau d'Oléron et l'échouage sur l'Île d'Aix par coup de vent de sud-est levant un mascaret malsain, n'ont rien de comparable. En conséquent, seul le chef de bord peut et doit s'assurer de la compatibilité de son bateau avec un mouillage précis. Il doit en particulier s'assurer que l'abri est suffisant en fonction des vents possibles, vérifier la qualité de l'amarrage ou de l'ancrage et que ceux-ci n'entravent pas le tangage et le roulis du bateau, vérifier la nature et la profondeur des fonds en fonction des coefficients de marée. Il doit aussi prévoir les protections ou appendices (bande molle, béquilles, etc) nécessaires en cas d'échouage. Il doit aussi déterminer si le bateau pourra toujours se mettre bout aux vagues ou au vent et dans le cas contraire s'il y a risque d'envahissement ou non, etc.

Quand un chef de bord ne peut assurer une surveillance continue du bateau (cas de tous les mouillages où l'on ne reste pas à bord), il doit avoir une pompe de cale automatique à bord et une batterie de forte capacité bien chargée et veiller scrupuleusement à la bonne fermeture de tous les ouvrants. Dans certains cas, il est même conseillé de les renforcer... ou de rennoncer à laisser son bateau au mouillage...

Tous les bateaux ne présentent pas, en raison de leur architecture même, une tolérance identique aux risques inhérents au mouillage et à l'échouage. Par exemple un bateau à fond plat s'échouera plus facilement qu'un quillard qui exigera des béquilles. Un bateau open à pont plat surbaissé sera plus sensible à l'envahissement qu'un timonier fermé avec petite cockpit. Etc. Le cas échéant, il convient de bien évaluer la capacité du bateau à endurer un mouillage ou un échouage permanent tout au long d'une saison, avant de le choisir.

EQUIPEMENT :

Outre l'armement de sécurité obligatoire pour le programme de navigation que vous souhaitez entreprendre, ne négligez pas certains équipements et certaines limitations dans leur utilisation.

Equipez votre bateau d’une seconde batterie (souvent optionnelle sur les petits bateaux) dès que des installations consommatrices de courant sont à bord : GPS sondeur, guindeau, frigo, propulseur d’étrave, et tout appareil électrique de puissance  supérieur à 100 watt.

Le guindeau est un équipement très important dès que la ligne de mouillage devient pesante ou qu'on l'utllise fréquemment (pêche au poser, mouillages forain, etc). Considérez-le même comme un équipement de sécrité, dans la mesure où il diminue les risques de blessures au relevage du mouillage par mer agitée. Sauf nécessité absolue de sécurité, ne jamais utiliser le guindeau moteur arrêté, encore plus en l'absence de double baterie ou de seconde batterie faible. Aussi, il faut aider au moteur  le bateau à remonter vers son mouillage en cas de vent courant ou clapot. La puissance du guindeau est suffisante pour remonter l’ancre mais pas pour déplacer le bateau. Vous risqueriez de disjoncter en permanence ou de griller le guindeau ou simplement de décharger excessivement la batterie.

Le propulseur d'étrave est très sécurisant en manoeuvre au port sur les gros monomoteurs. Il est même presque indispensable sur un inboard monomoteur, si l'on doit effectuer des marches arrières avec beaucoup de vent. Certe avec de l'habitude on peut toujours s'en passer. Les marins-pêcheurs nous le démontrent tous les jours. Mais quand on n'a pas leur expérience, quand on arrive dans un port inconnu, fatigué à la fin d'une journée où les conditions ont forci plus que prévu, le propulseur d'étrave rends tout plus facile ! A ne pas négliger vu le prix d'un bateau et la sécurité apporté.

Le lave-glace : la plupart des acheteurs pensent à prendre un essuis-glace s'il n'est pas de série. Mais sans lave-glace, et surtout l'été, le sel contenu dans les embruns aura vite pris le dessu sur les essuis-glace. Seul un bon système de lave-glace permettra en combinaison avec l'essuis glace (et un pare brise en verre) de conserver une bonne visibilité.

La pompe de cale automatique n'était pas obligatoire sur la plupart des bateau jusque récemment. En revanche elle est fortement conseillée. Elle ne protège pas contre une importante voie d'eau. Mais en cas de petite fuite, elle vous alerte en se mettant en fonctionnement et vous permet de rentrer en barrant sans surcharge de travail par nécessité d'actionner une pompe manuelle. Aussi au mouillage ou à l'échouage, elle est indispensable, branchée en amont du coupe circuit sur une batterie bien chargée, éventuellement acompagnée d'un panneau solaire de recharge. Elle protège raisonnablement le bateau d'un envahissement lent par les vague et la pluie les jours de mauvais temps.

D'autres options sont moins répandues mais bien utiles dans certains cas. C'est le cas des chauffage/désembuages en hiver qui contribuent au confort et aussi à maintenir une bonne visibilité. C'est fou comme avec un bon désembuage on a moins souvent l'impression qu'il y a du brouillard !

ENTRETIEN :

Vous venez d'acquérir un OCQUETEAU, flambant neuf. Félicitations, c'est un excellent bateau ! Mais vous avez légitimement peur qu'il ne s'abime ! Bonne nouvelle : si vous l'utilisez avec précaution et si vous l'entretenez bien, il vieillira bien et pourra vous acompagner très longtemps.

En dehors des selleries et aménagements remplaçables, tous les OCQUTEAU sont construits à partir de matériaux inoxydables et peu altérables tels que l'acier inox, le polyester renforcé de fibre de verre, des bois imputrescibles ou protégés.

Son vieillissement normal laissera apparaitre des traces de choc modérés, de frottements, de sallissures et d'oxydation superficielle, des micro-fissures, quelques micro-perforations et des phénomènes de coloration ou décoloration. Mais sa structure et sa capacité à naviguer n'en seront en rien altérées.

Au-delà du plan de maintenance préventive du moteur et du bateau par votre concessionnaire, un bon entretien permettant de ralentir très significiativement le vieillissement consiste avant tout à rincer soigneusement son bateau à l'eau douce après chaque sortie en mer, à graisser les articulations, à remplacer de temps en temps les joints en caoutchouc ou refaire les joints en silicone et remplacer les pièces d'usure ou les pièces qui auront souffert d'un choc ou d'un mauvais traitement accidentel (cas fréquent en mer).

Le rinçage est indispensable quand on navigue en mer. Le sel s'accumule sur le bateau avec les embruns, d'autant plus rapidement qu'il fait chaud. Sa lente action destructrice commence alors. Le sel retient également  l'humidité et altère donc la plupart des matériaux, par réaction chimique, principalement d'oxydation. Il peut aussi, en séchant et en se crystalisant, abraser tout ce qui se trouve à bord. Et le plus souvent il fait les deux !

N'utilisez jamais de produits abrasifs. N'utilsez que des produits reconnus et spécifiquement prévus pour l'entretien des bateaux en polyester, des aciers inox et des bois.

L'inox rouille !

 

Pensez aussi à rincer l'intérieur de la coque et de la cale à l'eau douce de temps en temps et à bien l'assécher pour ne laisser stagner que le minimum d'eau.

Votre bateau OCQUETEAU est construit avec une couche de fibre de verre "iso" de protection anti-osmose sur l'extérieur de la coque et une couche de topcoat à l'intérieur de la cale. Si des impacts perforent ces couches, il convient de les réparer pour prévenir l'apparition d'osmose. En eau douce et dans les régions où l'eau est particulièrement chaude, un traitement préventif anti-osmose adapté peut renforcer la protection du bateau.

Renouvellez régullièrement votre anti-fouling et remplacer toutes les annodes. Ne mettez jamais d'antifouling sur votre hélice moteur, qu'il s'agisse d'un hors-bord ou d'un inboard.

 

En conclusion, soyez prudents et attentifs pour profiter pleinement de votre bateau OCQUETEAU. Bonne navigation !